Contre les arrestations et détentions arbitraires !
Mardi 13 novembre à 13h30,
soutenons Federico et Nicola

mercredi 7 novembre 2007
Dernière modification : mercredi 7 novembre 2007

Le 1er mai 2006, à Paris se déroule la parade des précaires organisée par le réseau Mayday. De nombreux manifestants défilent de la place Blanche jusqu’à celle de la République au son des batucadas et des fanfares. 5000 sans-papiers, étudiants, chômeurs, travailleurs précaires, malades, intermittents... se sont rejoints pour rendre visibles les différentes formes de précarité. Lors du passage boulevard Magenta, des vitrines de sociétés d’intérim et de banques sont brisées. Les forces de l’ordre se déploient rapidement et ne procèdent à aucune arrestation. Le cortège continue son chemin jusqu’à la destination prévue où un concert a lieu.

Deux heures plus tard, alors que le concert se termine, un groupe d’une trentaine de personnes quitte la place de la République pour rentrer chez elles. Deux cents mètres plus loin, elles sont encerclées par des policiers et interpellées. Parmi elles figurent quelques français mais principalement des italiens venus nombreux pour participer à la parade Mayday et, mobilisation « anti-CPE » oblige, à l’assemblée générale des étudiants et précaires européens qui se déroule le lendemain à Censier. Les policiers ne s’intéressent qu’aux italiens. Ils leur font essayer des vêtements, leur mettent des capuches, leur demandent de sourire et finissent par en désigner deux, en disant : « and the winner is ... »

Federico et Nicola sont placés en garde à vue puis mis en examen pour « violences » et « dégradations ». Le 4 mai, ils sont déférés en comparution immédiate où un juge décrète leurs garanties de représentation insuffisantes et ordonne leur incarcération jusqu’à la date de leur procès. Ils resteront à Fleury Mérogis pendant 3 semaines. Le 24 mai, la cour d’appel, saisie, ordonne leur libération. Ils comparaissent donc libres le 29 mai 2006. De toute évidence, cette « machine à incarcérer » qu’est la comparution immédiate est tombée sur un os. Le tribunal choisit de temporiser et, au prétexte d’une erreur de date dans la procédure, prononce une relaxe. Six mois plus tard, le parquet fait appel.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sociales : à l’automne 2005, la révolte des cités contre le mépris et la relégation s’était soldée par près de 5000 interpellations, de très nombreuses mises en détention, dont des mineurs ; au printemps 2006, la répression des opposants à la « loi pour l’égalité des chances » fut massive : 4 350 arrestations dont 1 985 gardes à vue avec 637 procédures judiciaires, dont 271 comparutions immédiates, ont donné lieu à 71 peines de prison ferme, 167 peines de sursis, travaux d’intérêt général ou mises à l’épreuve, 188 mesures alternatives à la détention. Aujourd’hui, la multiplication des rafles et des arrestations de sans papiers rend quasi quotidiennes les arrestations arbitraires ; une ignoble « loi sur la récidive » aggrave de façon inouïe les peines appliquées à l’encontre des délits mineurs...

Contre ceux qui la subissent et/ou la contestent, la politique de précarisation s’adjoint ainsi une politique pénale de criminalisation. Comme des centaines d’autres, Federico et Nicola sont transformés en boucs émissaires. Une fois de plus, la thèse de l’accusation est une fiction mal ficelée. Seule la relaxe pure et simple est envisageable.

Soyons nombreux à nous rassembler pour être présents lors de l’audience du mardi 13 novembre 2007 à 13h30 à la 11ème chambre de la cour d’appel, au palais de justice, métro cité, pour les soutenir et obtenir leur relaxe.