Aillagon marionnette, Fillon démission ! Communiqué CIP-idf, 3 septembre 2003

mercredi 3 septembre 2003
Dernière modification : samedi 7 mars 2009

Les annexes 8 et 10 de l’assurance-chômage sont le seul régime salarial reconnaissant que le travail excède l’emploi, le seul régime qui protège un tant soit peu les salariés à l’emploi discontinu. Depuis l’accord Unedic qui vise à les détruire, nous avons informé les salariés concernés et le public, nous avons manifesté et appuyé grèves et débrayages, nous avons engagé des recours juridiques, nous avons bloqué ou ralenti des productions, nous avons occupé des lieux culturels ou publics. À la suite du MEDEF et de la CFDT, le gouvernement a d’abord prétendu avoir sauvé le régime, avant de reconnaître implicitiment son échec : « S’agissant, de façon générale, de l’avenir du régime, je compte, au cours des prochains mois, et après avoir entendu les avis du plus grand nombre possible de professionnels, prendre l’initiative d’une invitation à ceux qui ont la responsabilité paritaire de la gestion de l’Unedic, d’engager une réflexion radicale sur les moyens de conserver, pour les prochaines décennies, à l’intermittence à la fois sa logique et son éthique  » (JJ Aillagon, Libération, 8/08/03).

Pourtant, Monsieur Aillagon espère distraire le chaland en agitant le hochet de la concertation. Il veut organiser cet automne ses « assises du spectacle vivant », en évacuant les enjeux sociaux soulevés par le mouvement et en ignorant délibérément les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma. On ne clôt pas le chapitre des droits sociaux en excluant plus d’un tiers des allocataires, pour ouvrir celui, faussement consensuel, de l’exception culturelle et de la place de l’artiste dans la société. Face à cette tactique d’évitement, 36 coordinations et collectifs locaux, réunis à Paris du 28 au 30 août, se sont prononcés : tant que l’agrément du protocole UNEDIC du 27 juin ne sera pas abrogé et que des négociations avec l’ensemble des concernés ne seront pas ouvertes, ni la saison culturelle, ni le fonctionnement du secteur audiovisuel, ni ces assises ministérielles ne pourront se dérouler normalement. Nous appelons tous les intermittents du spectacle, les travailleurs précaires et les chômeurs à rejoindre la lutte. En effet, malgré la hausse du chômage, la multiplication des plans sociaux et des licenciements, ce gouvernement continue à vouloir imposer le « travailler plus pour gagner moins » qui présidait hier à la réforme des retraites. Tandis que des centaines de milliers de chômeurs vont voir leurs droits remis en cause ou supprimés par l’application du PARE (Plan d’Aide au Retour à l’Emploi), le gouvernement veut instaurer un RMA (Revenu Minimum d’Activité) qui permettrait de forcer les allocataires du RMI à accepter n’importe quel emploi, tout en versant à l’employeur l’allocation qui leur est due ! Cette offensive contre le « coût du travail », cette politique de précarisation n’a déjà que trop duré. Nous n’avons pas le choix : pour inverser cette tendance, il nous faut commencer par battre Aillagon et Fillon sur les annexes 8 et 10 !

Le Ministère de la Culture a déjà dû déprogrammer la première des assises locales. Ses responsables s’affairent quotidiennement afin de prévenir grèves et interventions. Nous nous préparons pour notre part à multiplier à nouveau partout les actions de toute nature : grèves, blocages, occupations.

Nous appelons à manifester le jeudi 4 septembre du siège du MEDEF au ministère de la Culture.

RDV à 13H30 Angle de l’avenue Bosquet et de la rue Saint Dominique M° École Militaire ou Pont de l’Alma

- Assemblée générale vendredi 5 septembre à 14H, Grande Halle de la Villette, Métro Ourcq.