Rien ne sert de courir, il faut tout remettre í plat ! Chí´meur(euses), précaires, entrons en résistance !

lundi 15 juin 2009
Dernière modification : mercredi 28 octobre 2009

Comme chacun sait, la France et l’Europe sont maintenant officiellement, et depuis prí¨s d’un an, en récession. Voilí que « la Crise » qu’économistes et politiciens arborent depuis vingt cinq ans pour justifier les plans de rigueur, le creusement des inégalités et le développement de la précarité, entre dans une nouvelle phase. Plus de 600 000 nouveaux chí´meurs en un an, le « remerciement » de presque tous les intérimaires des grandes entreprises, des centaines de milliers de salariés au chí´mage technique, une succession ininterrompue de « plans sociaux », la raréfaction des offres d’emploi : ils seront bientí´t bien peu ceux qui pourront se croire í l’abri de la précarité.

Avant míªme cette nouvelle donne, nous étions déjí de plus en plus nombreux í en passer par des périodes de chí´mage ; dorénavant, un tel passage est destiné í devenir la rí¨gle. Il est d’autant plus nécessaire de tordre le cou í tous les discours moralisateurs sur les chí´meurs « responsables de leur situation » : c’est un fait, en France, il n’y a plus que des miettes d’emploi, bien souvent de qualité médiocre, et il n’y en a plus, de loin, pour tout le monde. Il faut également faire un sort au sentiment de honte et d’humiliation dans lequel, chí´meurs et précaires, nous serions censés baigner, tant qu’un patron compatissant ne nous aura pas fait les yeux doux. Les allocations chí´mage, le RMI (aujourd’hui RSA), nous les considérons comme la reconnaissance, déjí insuffisante, du plus minimal droit í l’existence : qui s’y oppose manifeste seulement son désir de voir un plus grand nombre de pauvres mendier, crever de faim ou de froid dans la rue.

S’il y a de la honte parfois, c’est í devoir subir la suspicion, les contrí´les, les « ateliers » bidon de Pí´le Emploi, les tracasseries, les « dysfonctionnements » plus ou moins aberrants, les files d’attentes, les interminables délais de la machine bureaucratique, le mépris des patrons qui ne « retiennent pas votre candidature », quand ils daignent vous répondre ; bref, le sentiment que vous íªtes, aux yeux des représentants de la société, un íªtre défini par le manque, un íªtre infirme, un assisté. Se retrouver au chí´mage, bien souvent, c’est connaí®tre une forme brutale d’isolement. Les seules luttes visibles des derniers mois sur la question du chí´mage ont d’ailleurs été le fait des salariés qui ont mené des actions de séquestration de leurs dirigeants contre les plans de licenciement, c’est-í -dire de ceux qui étaient encore liés par le travail. Nous maintenir dans l’isolement -faire que la seule pensée de chacun soit : comment m’en sortir individuellement -est le seul et unique but du pouvoir actuel.

La fusion ANPE-Assedic, maintenue coí »te que coí »te malgré l’explosion du chí´mage, est un désastre : en moyenne, 150 chí´meurs par conseiller, de nombreux salariés indisponibles pour formation, des délais d’attente qui ne cessent de s’allonger, des rendez-vous au lance-pierre, une plate forme téléphonique déshumanisée, trí¨s coí »teuse pour les usagers, complí¨tement í cí´té des besoins des chí´meurs... Avec la mise en place du RSA, qui pourrait concerner 3 millions de personnes, on voit mal comment la machine pourrait ne pas imploser car toutes ces personnes devront íªtre inscrites au Pí´le Emploi. A moins de sous traiter massivement au privé.

Comment la CAF, quant í elle, va-t-elle faire face í cet afflux de nouveaux allocataires ? Des retards massifs de paiement sont í prévoir. Et tout cela, pour mettre en place un RSA qui ne sera favorable financií¨rement que dans certains cas et défavorable dans d’autres (par exemple, si on trouve un emploi de moins de quatre mois, si l’on a des enfants...), qui fera perdre í la plupart de ses « bénéficiaires » certains droits connexes (CMU, baisse des allocations logement, transports gratuits), et qui sera assorti d’une obligation stricte í accepter n’importe quel travail si l’on estime que vous ne valez pas assez pour vous « permettre » de le refuser.

Aujourd’hui, dans de nombreuses villes, des collectifs de chí´meurs et précaires se forment ou se reforment. L’ensemble des organisations ayant participé aux Etats Généraux du Chí´mage et de la Précarité en mai dernier prévoit des actions de protestation et des marches régionales contre la gestion de ces questions par le gouvernement et pour une politique de l’emploi réellement favorable aux chí´meurs et précaires.

A Rennes, depuis mi-novembre 2008, le Mouvement des Chí´meurs et Précaires en Lutte a occupé de nombreuses fois ANPE, ASSEDIC, nouveaux Pí”LE EMPLOI, directions régionale ou départementale de Pí”LE EMPLOI, CAF et autres Commissions Locales d’Insertion. Depuis la míªme période, il n’a eu de cesse de créer des liens avec d’autres mouvements de lutte (estudiantins, électriciens et gaziers, salariés de la restauration rapide...) et de participer í la mise en commun de pratiques d’auto-organisation susceptibles d’inscrire ces liens dans la durée (cantine populaire, jardins collectifs, collectif anti-répression, auto-réductions...).

Si la certitude qu’un mouvement de chí´meurs ne tiendra que dans la mesure oí¹ il construit cette transversalité des moyens d’organisations comme des revendications, il n’en reste pas moins vrai qu’il n’existera qu’í travers la prise en compte des difficultés liées í la question du chí´mage et í son traitement. La situation catastrophique qui est réservée aux institutions du chí´mage (Pí´le Emploi, CAF, CLI) et par conséquent í ceux qui en sont les salariés et les « bénéficiaires » implique une réaction í l’endroit míªme des problí¨mes et des urgences qui en découlent. En parvenant í s’opposer í une radiation et en obtenant la réintégration des droits d’une chí´meuse au mois de mai lors d’une occupation, qui n’a pas duré 2 heures, í la CLI de Ploí« rmel, nous nous sommes rendu compte de la fragilité de ces institutions devant la moindre des pressions (10 personnes qui menacent de rester manger et dormir tant qu’ils n’auront pas de réponse satisfaisante).

Alors que les retards de versement se multiplient et se prolongent de manií¨re exponentielle, alors que les radiations s’accélí¨rent, alors que la paupérisation des chí´meurs et des salariés précaires galopent, nous refusons de pí¢tir du bordel monstre que les nouvelles réformes du chí´mage créent. Autant nous soutiendrons les agents de Pí´le Emploi ou de la CAF en lutte, autant nous ne serons pas les victimes de leur impuissance í répondre aux missions qu’on leur impose. La multiplication des réactions collectives í des problí¨mes de dossier individuel saura imposer nos exigences í leur stratégie impersonnelle bien qu’individualisante de lutte contre le chí´mage.

Voilí pourquoi nous appelons tous ceux et celles dont les versements tardent, tous ceux et celles qui sont menacés de radiations et autres sanctions, tous ceux qui sont confrontés de quelque manií¨re aux institutions, í s’organiser pour exiger la régularisation de leur situation et í participer au rassemblement suivant :

RDV devant le Pí”LE EMPLOI
Rennes-Saint-Louis
le MARDI 23 juin í 9H30
22 Boulevard Saint Conwoí¯on

Contact mel : Mouvement des chí´meurs et précaires en lutte
MCPL, 22, rue de Bellevue, 35000 RENNES

Les textes du MPCL de Rennes publiés sur ce site sont accessibles lí  :

- Présupposés, revendications et actions. Le sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs, n° 4, mars 2009

- Pour un mouvement des chí´meurs et précaires í Rennes et ailleurs

- Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pí´le Emploi


Radiations, retards de paiements, mise en place du RSA... , il est temps de prendre l’initiative !

L’action collective paye, voir :

Pí´le Emploi Pantin : « Gardez-les jusqu’í la mort, vos fiches de paye »

Pí´le emploi : Radiation et indí » annulés par l’action collective Porte d’Auteuil et autres récits.

Outre divers textes et récits d’actions menées depuis le printemps 2009, vous trouverez deux tracts d’intervention (modifiables), utilisables lors de chaque passage au Pí´le emploi, fut-il individuel :

* La prime de 500 euros destinée í une partie des précaires ne s’obtient que sur demande, un mode d’emploi

* Mépris et radiations, bienvenue í Pí´le emploi

Ici :
Enrayons la machine í précariser, mettons en crise Pí´le emploi !

Faites circuler l’information !

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP
Accueil et informations sur le régime d’assurance-chí´mage des intermittents du spectacle
Lundi de 15h í 18h
Envoyez questions détaillées, remarques, analyses í cap cip-idf.org

Permanences précarité
Lundi de 15h í 17h30.
Adressez témoignages, analyses, questions, récits d’action, infos utiles í permanenceprecarite cip-idf.org

í€ la coordination des intermittents et précaires
14 quai de charente, Paris 19e
M° Corentin Cariou, ligne 7
Tel 01 40 34 59 74


Digression sur le « suivi individuel » avec Kafka

Une contribution aux débats en cours :

- Dette. Notes de travail ; Fragments de discussions réelles ou virtuelles