Grève des chômeurs à Caen - Collectif chômeur-euse-s, Précaires Enragé-e-s (CPE)

mardi 4 mai 2010
Dernière modification : vendredi 14 mai 2010

Lundi 3 mai à Caen, une quarantaine de personnes était présentes au rassemblement devant la Mairie à 13H30. Le Pôle emploi rue Scaramoni a été envahi et une AG s’est tenue à l’intérieur pour préparer la suite. Elle s’est terminée vers 17H. Les occupants sont alors sortis alors que les flics se déployaient à proximité.

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Pour une grève des chômeurs et précaires

Nous livrons des pizzas, distribuons des journaux, remplissons les boîtes aux lettres de publicité, faisons la plonge, des colos, du soutien scolaire, surveillons des internats, informons les usagers des transports, répondons au téléphone... Et bien d’autres choses encore. Entre temps, nous pointons à Pôle Emploi, à la CAF, au CCAS, à la mission locale ; nous cherchons vaille que vaille à suivre un cursus, une formation, une promesse d’échappatoire au « petit boulot alimentaire » qui souvent rythme notre quotidien. Ayant à faire « nos preuves », il est « tout naturel » que nous en venions à travailler gratuitement : stages, évaluation en milieu de travail...

Une multitude de dispositifs sont mis en place pour nous rendre dociles : menaces de suspension des revenus de survie, précarisation des contrats de travail ; mais injonction à donner son temps aux exploiteurs et à travailler à son employabilité (en se rendant disponible aux innombrables évaluations, entretiens, ateliers de coaching et autres stages bénévoles). En même temps tout cela nous empêche d’user de ce temps pour élaborer des formes politiques - émancipatrices, égalitaires et écologiques - d’organisation du vivre-ensemble. C’est à partir d’un tel point de vue que, depuis quelques mois, l’idée d’une grève des chômeurs et des précaires fait son chemin : une grève ayant pour but de s’organiser collectivement pour arrêter la marche forcée imposée aux chômeurs et aux précaires par les institutions, marche forcée qui renforce l’enfermement de chacun dans sa situation individuelle.

Cette grève trouverait alors à s’incarner dans le refus du contrôle, des radiations, des pressions qui s’exercent sur tous ceux qui sont concernés par les réalités du chômage et de la précarité.
Ce mouvement ouvrirait un espace à la diffusion de pratiques individuelles et collectives d’autodéfense et de soustraction vis-à-vis de toutes ces injonctions à l’employabilité, de nous réapproprier de ce dont on a besoin pour vivre, de partager ce que nous produisons. Nous pourrions en profiter pour penser des formes dissidentes d’organisations de nos activités communes car avec d’autres, il est possible d’agir et de gagner en liberté. Se sentir moins seul fait du bien. L’action collective met la culpabilisation à distance et permet de mettre en cause ce que nous subissons. D’une manière plus générale, il est nécessaire de nous organiser parce qu’aucun aménagement de nos vies dans le capitalisme n’est envisageable.

Nous souhaitons établir une liaison entre les luttes et les revendications des usagers de toutes les institutions du chômage et de la précarité (Pôle Emploi, CAF, CDAS, missions locales, services de reclassement...) : travailleurs intérimaires, saisonniers, intermittents, stagiaires, chômeurs occasionnels ou de longue durée, travailleurs en lutte et menacés de licenciement, retraités ou étudiants, sans papiers... mais aussi avec ceux des salarié-e-s de ces institutions qui sont las-ses et dégoûté-e-s d’avoir à fliquer les précaires.

Cette grève pourrait être également l’occasion de débattre ensemble, notamment sur la notion du travail salarié dans la société capitaliste actuelle (au niveau social, psychologique etc) ; sur le concept d’auto-entreprenariat qui nous est présenté comme une solution idéale à la crise et au chômage de masse ; ainsi que la façon dont nous pourrions transformer le travail aliéné en activité productrice choisie et émancipatrice.

Pour nous, employeurs et pôle emploi sont des adversaires.

Collectif chômeur-euse-s, Précaires, Enragé-e-s cpe ablogm.org

- Action de lutte contre la précarité étudiante- rdv mardi 4 mai-11h30 au phénix (campus 1)
- Réunion du collectif CPE Mardi 4 Mai - 18h sous-sol bât. Lettre (campus 1)

Des actions devraient avoir lieu tous les jours.

Autoréduction à Caen - Chômeur-euses et Précaires souvent ! EnragéEs tout le temps !

Inventer la grève des chômeurs, des intermittents et des précaires