Chômeurs, mal-logés, précaires, tous dans la rue le 1er décembre

jeudi 29 novembre 2012
Dernière modification : jeudi 29 novembre 2012

Manifestation des chômeurs et précaires à l’appel de AC !, APEIS, CGT chômeurs, MNCP et diverses organisations, de Stalingrad à Place de Clichy.

Ce rdv du premier samedi de décembre est organisé depuis la fin des années 90. A l’époque déjà, la gauche était aux manettes. Des mobilisations successives exigeant l’indemnisation de tous les chômeurs, une hausse de 1500Frs des minima sociaux et l’ouverture du droit au RMI aux moins de 25 ans, avaient culminé lors de l’hiver 1997/98, avec des occupations d’ASSEDIC, d’ANPE, de mairies, de CAF, de centres d’action sociale municipaux et d’autres locaux partout en France.

Le gouvernement avait alors concédé la création d’un « fonds d’urgence sociale » [1] avant d’envoyer partout la police expulser les occupants. Devançant les [surenchères travaillistes de Sarkozy [2], le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait osé déclaré « Je préfère une société de travail à l’assistance »... [3]

Aujourd’hui, la proportion de chômeurs non indemnisés n’a jamais été aussi élevée (seuls 41% des chômeurs reçoivent une alloc’ de Pôle emploi), pendant que l’on subventionne massivement les entreprises avec des milliards d’euros de dégrèvements, de cadeaux fiscaux et la fourniture de main d’oeuvre à bon marché au nom de la « compétitivité ». Et Hollande d’annoncer que l’austérité sera mise en oeuvre par les collectivités territoriales, pendant que des présidents socialistes de conseils généraux se vantent de supprimer le RSA à des centaines de personnes, comme en Ariège [4]...

Formatés par la haute école de commerce, défenseurs acharnée de l’économie, c’est-à-dire de la politique du capital, nos dirigeants préfèrent financer des grands projets à la fois inutiles et nuisibles, tel l’aéroport de Notre Dame des Landes, rendre plus « productifs » les outils d’un contrôle social destiné à nous enfermer dans la concurrence [5] et à clore l’horizon que de subordonner leur action aux besoins et aux aspirations de la population.

Bien que cette manifestation du 1er décembre, devenue « traditionnelle », fasse principalement figure de rituel mémoriel un peu vide, désincarné, cette échéance reste pour les vaincus que nous sommes, comme le montre chaque jour, un moment qui témoigne de l’existence d’un dissensus face à la barbarie inégalitaire qu’implique la domination de l’argent.

Un jour, à nouveau, c’est sur la tête des rois que nous marcherons.

En solidarité avec le "Collectif des mal logés acharnés », soyons nombreux à participer à la MANIFESTATION de CHÔMEURS et PRÉCAIRES du 1er Décembre.

Rendez-vous Samedi à 14h, à la rotonde de Stalingrad, M° Jaurès ou Stalingrad Amenons pancartes, musique, casseroles, tracteurs…

Les CAFards, collectif de chômeuses et précaires
https://cafard93.wordpress.com

Mal-logés et précaires tous dans la rue le 1er décembre

Printemps 2012, suite à la manif contre la fin de la trêve hivernale, une assemblée de précaires et de mal logés se réunit tous les dimanches. Ensemble nous avons fait plusieurs actions et occupations (perturbations de meetings et d’institutions). En juin nous ouvrons un lieu collectif pour s’organiser [6]. Mais nous en avons été expulsés en octobre. Depuis, toutes nos tentatives, pour que ceux qui sont à la rue puissent se loger, se sont soldées par des expulsions expéditives et arbitraires (avec 2 procès à la clé), car le pouvoir ne veut absolument pas que l’on s’organise par nous-mêmes. Individualisé face aux contrôles de Pôle Emploi ou de la CAF [7], face aux huissiers et aux assistantes sociales, nous pensons que c’est collectivement que l’on peut faire face à ces questions.

Parce que ça ressemble à quoi la vie pour nous depuis des années ? S’entasser dans un deux pièces où une chambre de bonne, ne pas bouger de son logement parce qu’ailleurs c’est plus cher, se faire expulser parce qu’on a perdu son taf, prendre un crédit revolving parce qu’on est sans sous dès les débuts de mois, courir dans les transports pour 2 heures de boulots par-ci par-là, se faire enlever ses enfants parce qu’on a plus de toit, se faire radier de Pôle emploi [8] pour absence à convocation téléphonique, se faire traiter de parasite parce qu’on touche le RSA…

Crise oblige, on imagine mal comment ça pourrait aller mieux. Déjà, comme nous l’avons constaté, les sans-papiers sont de plus en plus refusés par le SAMU social, dont le budget a été diminué de moitié pendant que le standard téléphonique explose, avec de plus en plus de familles à la rue. Duflot parle de réquisitionner certains logements. Mais c’est pour mieux gérer ceux qui y vivront, parquer dans des casernes, le temps d’un hiver, sous le contrôle d’associations para-étatiques, qui gagnent de l’argent sur la misère.

Samedi 1er décembre, à 14 H, à la rotonde de Stalingrad (métro Jaurès ou Stalingrad) venez nombreux avec casseroles, djembés, sifflets…pour faire du bruit

Un logement pour tous avec ou sans-papiers

Des papiers pour tous

Un lieu pour s’organiser

Occupation, réquisition des logements vides par nous-mêmes

Arrêt des expulsions à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs

Source : http://paris20.noblogs.org