La Ville de Paris offre généreusement í ses pauvres... le ríªve d’un logement social

lundi 20 avril 2015
Dernière modification : lundi 20 avril 2015

Loc’ Annonces : Paris vend trí¨s cher le ríªve d’un logement social

Des appartements HLM en ligne ? Depuis des mois, Ian Brossat et Anne Hidalgo nous avaient vendu le teaser de cette nouvelle opération : dans l’esprit de « simplification » et de « transparence » cher aux élus parisiens, les « demandeurs de logement » pourraient désormais se positionner directement sur des propositions de « logement social ».

Beaucoup de Parisiens parmi les 150 000 demandeurs recensés au fichier de la ville n’ont jamais eu, ne serait-ce qu’une proposition ou un contact pour un éventuel parcours de relogement aprí¨s des années d’inscription. Beaucoup s’imaginent donc que le problí¨me est l’injustice des attributions et que leur dossier serait pris si seulement il était présenté. Loc’Annonces représentait donc un espoir.

Depuis hier, l’espoir est aux oubliettes pour la majorité des demandeurs de logement social : tous les logements mis en ligne ce jeudi sont des PLS, les plus chers des logements sociaux. Les 2 pií¨ces proposés ont un loyer entre 850 et 1 000 euros, les 4 pií¨ces montent jusqu’í 1 800 euros. Certains logements affichent en plus un chauffage individuel, électrique, ce qui majore encore le budget réel pour les futurs locataires.

De toute faí§on, 85 % des Parisiens demandant un logement social sont exclus d’emblée : en effet, d’aprí¨s les statistiques de la ville elle-míªme, seuls 15 % des demandeurs peuvent accéder í un PLS.

Les logements mis en ligne par Loc’Annonces démontrent que la prétendue égalité des demandeurs entre eux mise en place avec le fameux systí¨me de « scoring » n’existe pas : aussi élevée que soit la « note » d’un demandeur , l’accí¨s au logement dépendra de ses revenus. Un employé, un précaire, une mí¨re isolée en emploi í temps partiel pourra bien íªtre í la rue, dans un logement insalubre, í l’hí´tel ou hébergée chez des tiers, elle ne pourra pourtant prétendre í aucun des beaux logements mis en ligne par la ville.

Pour 8 demandeurs de logement sur 10, la seule solution accessible c’est un PLA-I. Or, en quinze ans, seuls 22 % des logements produits í Paris relí¨vent de cette catégorie et encore, ce chiffre inclut une bonne part d’hébergements.

Oí¹ est la mixité sociale promise par nos élus ? La plupart des logements proposés par Loc’Annonces se situe certes dans les quartiers populaires de la capitale et sera donc attribuée í des « classes moyennes ». Mais oí¹ sont les logements accessibles aux ménages modestes qu’on nous promet depuis quinze ans dans les beaux quartiers ?

Loc’Annonces démontre par l’exemple qu’ils ne sont qu’une infime minorité, un affichage sans portée réelle : la mixité sociale n’existe pas. En revanche, l’exclusion du logement social pour les catégories populaires est une réalité massive.

Il suffit d’ailleurs de consulter le nombre de candidatures pour chaque logement proposé par le site de la ville : les logements proposés dans les quartiers populaires lí oí¹ la demande est la plus forte ont pour la plupart moins de 3 candidatures. Seuls les rares logements proposés í des loyers exorbitants dans le XVIí¨me ou dans le XVIIí¨me ont des candidatures nombreuses, parce qu’ils correspondent í un vrai gain de loyer par rapport au privé. Mais ce gain n’est accessible qu’í la minorité de demandeurs qui peuvent payer ces loyers conséquents.

La mise en ligne de Loc’Annonces est bien une réponse aux Parisiens mal logés : un refus d’accí¨s au logement social, résultat d’une politique qui a privilégié des loyers élevés et inaccessibles í la majorité des demandeurs.

En un an de mandature, Anne Hidalgo a lancé une agence immobilií¨re publique pour les « classes moyennes exclues du logement social », Multiloc, annoncé de grandes initiatives pour le « logement intermédiaire » et voici donc aujourd’hui un site de location de « logements sociaux » excluant l’immense majorité des demandeurs de logement social.

Décidément, le changement, ce n’est pas maintenant. í€ moins de considérer que la visite virtuelle des appartements que les mal-logés n’auront pas soit un progrí¨s et que la transparence consiste í afficher les loyers hors de prix des nouvelles constructions dont les Parisiens modestes imaginaient qu’elles leur étaient destinées.

Collectif des Mal-logés en colí¨re !