Jeudi 18 mars

mercredi 10 mars 2010
Dernière modification : samedi 13 mars 2010

18H30 Université ouverte 2009-2010 : La vie « militante » dans la politique et dans l’art

Figures, discours, introduction de Bernard Aspe.

Admettons que la politique soit l’élaboration des conditions qui permettent l’abolition de l’état de choses existant. Le communisme était pour Marx le « mouvement réel » qui effectue cette abolition. Cette définition suppose que le capitalisme porte en lui les conditions de sa propre abolition ; qu’il les sécrète, et ne peut que s’appuyer sur elles, tout en conjurant autant que possible leur complète mise au jour, qui supposerait son démantèlement. Il y aurait donc, au cœur du capitalisme, cette contradiction : il ne peut vivre que de ce qui, inéluctablement, doit lui donner la mort. Certains ont attendu, attendent encore que cette contradiction conduise d’elle-même au renversement du système-monde dans lequel nous sommes planétairement immergés. Cette erreur a cependant été corrigée depuis longtemps : pour qu’un tel renversement soit possible, il ne suffit pas d’invoquer une nécessité objective. Il faut encore qu’elle soit doublée d’une nécessité proprement subjective. Mais cette nécessité ne peut être conçue sans que lui soit donnée une figure. Le prolétariat a été la figure donnée à la nécessité subjective de l’abolition du capitalisme. L’histoire du mouvement révolutionnaire est celle des déclinaisons de cette figure, de sa cristallisation en « classe ouvrière », et de la sortie progressive hors de la référence à la classe ouvrière à partir des années 1970.

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