Le Saviez-vous ?

mercredi 2 juillet 2003
Dernière modification : dimanche 20 juillet 2003

TV : un citoyen passe en moyenne 4 h / jour l’été et 5 h 30 l’hiver devant
son poste, savez-vous que toutes les émissions et fictions nationales
dépendent du travail des intermittents ?

Depuis un an et demi, nous devons faire face :

. Au doublement des charges salariales,

. A la baisse de 10 % des subventions du Ministère de la Culture,

. A une baisse de 50 à 70 % des crédits alloués à l’éveil artistique au sein
de l’Education Nationale,

. A la suppression pure et simple des conventions Compagnies/Villes par le
Ministère de la Ville,

. A la décentralisation des patrimoines architecturaux et historiques, sans
qu’aucun budget n’ait été défini pour les Régions,

. A la tentative de privatisation de l’archéologie française.

Nos métiers ne dépendent pas uniquement de l’intermittence mais de la
conjonction d’action de nombreux partenaires. Or, depuis un an et demi,
chacun de ces partenaires se défausse ; du coup, c’est l’ensemble de
l’assiette de la production culturelle qui est brisé en petits morceaux.
Quand bien même nous obtiendrions le non-agrément par le ministère des
affaires sociales du protocole récemment signé ce champ de ruines restera.

Les abus : Au sein de l’intermittence, bien sûr qu’ils existaient. Mais ils
ne seront en aucun cas réglés par les accords signés. Des abus ou « 
arrangements », il y en a de deux sortes :

-  ceux générés par le manque de moyens financiers,

-  ceux, orchestrés par le patronat de l’audiovisuel qui a détourné
le régime d’intermittence pour se soulager du paiement des charges sociales

Votre déception d’aujourd’hui répond à notre colère. Notre colère est
nourrie et justifiée par votre déception. Oui, vous présenter un travail de
qualité qui réjouisse vos sens et votre réflexion est notre désir et ce qui
nous guide.

Il aura donc fallu que nous perturbions quelques jours l’existence du
Spectacle dans ce pays pour que chacun redécouvre à quel point nous sommes
producteurs de richesses économiques mais aussi, et en premier lieu, d’un
partage non-monnayable entre un public et des artistes respirant ensemble le
temps d’un voyage commun.

Bien sûr, nous aurions pu ne rien faire et contempler une dernière fois le
champ de ruines, nous préférons vous faire savoir que nous aussi nous
perdons nos droits sociaux et rejoignons le long cortège des précarisés.

Des places de spectacle plus chères, un choix limité, un nombre d’artistes
réduit, voilà le choix du gouvernement.

« La culture a un prix mais son absence coûte encore plus cher. »

- Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France -

Adresse originale de l'article : http://www.cip-idf.org/spip.php?article61