Après tous nos efforts si tu trouves pas un taf, c’est que tu l’as bien cherché, minable !

jeudi 22 mars 2012
Dernière modification : jeudi 22 mars 2012

Cette année encore passera un train de l’emploi [1] pour l’égalité des chances, sorte de marché de dupes, où des milliers de chômeurs-euses sont sommé-e-s de montrer patte blanche aux recruteurs-euses.

« Venez, venez, les règles du jeu sont les mêmes pour tous », « égalité de chances  » [2], ces gestionnaires de la misère nous le rappellent. Un-e conseiller-ère « bonne présentation » est là pour vous défigurer en dix minutes afin que vous puissiez vous entretenir avec un DRH ou des recruteurs-euses. « Aurez-vous le bon contact social ? », cette tâche est dévolue à l’entreprise Beauty Bubble, présente dans le train, qui vous offre pas moins de 2 emplois sur 2317 proposés.

Il vous faudra aussi un CV bien lisse, sans taches, sans périodes d’inactivité, en somme racoleur.

Chômeurs-euses, on vous demande d’être « disponibles » aux besoins de l’entreprise, qu’importe ce qu’on vous propose, emplois à temps partiel et variable, vacataires, emplois alternant avec des périodes de chômage technique, qu’importe le type de contrats [3]. Chez le groupe La poste, l’un des principaux partenaires du train, les tendances sont comme partout à la sous-traitance et à la multiplication des emplois de vacataire.
C’est-à-dire « sois dispo quand je t’appelle et à la minute même ou j’appelle ton voisin, aussi fauché que toi ». Au niveau législatif, on voit aussi se multiplier les propositions de lois pour l’emploi facilitant la mise au chômage technique, ou le travail à temps partiel variable, etc.

Ce que l’on attend, c’est que vous soyez « exigeant-es envers vous-même », pas envers votre patron-e, et que vous vous contentiez du salaire minimum. « Soyez optimiste, il y aura des perspectives de carrière ensuite ! ».
Sous couvert de « proximité » et de « mobilité », on exige la capacité d’être partout à la fois : parmi les offres d’emploi proposées à Marseille, la moitié au moins concerne des emplois dans d’autres villes, d’autres départements ou régions, voire sur tout le territoire national !
« Le train vient à vous, déplacez vous là où il y a de l’emploi.... Et si vous ne le voulez pas, vous êtes responsables de votre misère ».

Derrière cette idée d’« égalité des chances », c’est la compétition de tous-tes contre toustes pour l’emploi. « Que le meilleur gagne ! et tant pis pour toi si tu restes sur le carreau, on t’a donné ta chance ».
Derrière le vocabulaire du management à tout va : flexibilité, disponibilité, mobilité, dynamisme, esprit d’entreprise, etc. on cache de vieilles pratiques bien connues : exploiter plus efficacement la main d’oeuvre, engranger plus de profits et baisser les salaires...
Cette flexibilité de l’emploi impose une plus grande docilité pour les travailleurs mais aussi pour les chômeurs des périodes d’activité et des périodes d’inactivité, ainsi on est employable à plein temps. Même confusion que l’on retrouve entre salaires et revenus (comprenant aussi les aides sociales en tous genres, RSA, chomdu, allocs, etc.). Cette logique pousse à précarisation croissante de nos vies. Parce que cela correspond aux besoins de main d’oeuvre actuels, la précarité devient la norme.

Leur train de l’emploi c’est au mieux un miroir aux alouettes pour celles et ceux qui croient encore à un salut par le travail, au pire une belle escroquerie dont il vaut mieux se rendre compte, avant d’entrer dans leurs wagons. D’autant que pour que l’arnaque fonctionne, il faut bien qu’il y ait 2317 chômeurs chagrin.... ce sera pas moi.

Assemblée contre la précarisation
Réunions tous les lundi à 18h
Local de Mille-babords / 61 rue Consolat 13001, Métro Réformés.
http://contrelapreca.eklablog.com/

Adresse originale de l'article : http://www.cip-idf.org/spip.php?article6115