« Salariat et protections sociales » avec débat public C.R.

lundi 3 novembre 2003
Dernière modification : jeudi 20 novembre 2003

ci-dessous : un bref compte rendu de la dernière réunion

19h-22h : Forum « Salariat et protections sociales » avec débat public
Lieu : Bourse du travail - salle Eugène Henaff - 85, rue Charlot-75003 Paris (M°République)

Salariat et protection sociale

Pistes de réflexions :
- Interroger les mutations du travail, à partir du conflit des intermittents :
- discontinuité, précarité sociale, financement de l’UNEDIC.

Frédérique Dupont :
- Projet de sécurité sociale professionnelle.
- La confédération CGT réfléchit à un modèle qui serait conforme au nouveau
visage du travail. Dans toutes les branches, constate Frédérique Dupont,
les salariés n’envisagent plus d’occuper le même emploi une vie durant.

La mobilité, le désir de formation, la reconnaissance de l’expérience
semble être des revendications partagées par beaucoup de salariés.
L’élaboration d’un statut du salarié ( imposé par les salariés et non par
les patrons) prendrait en compte la diversité des parcours des salariés.

La sécurité sociale professionnelle suivrait le salarié tout au long de
son parcours ( choix de contrat long, court, formation, congés ) alliant
droit individuel et droit commun ( protection contre licenciement,
conventions collectives). Cette réflexion est présentée par Frédérique
comme étant un modèle à construire avec les salariés eux-mêmes. Il s’agit,
en effet, de coller à la réalité du salarié et non pas d’imposer à ce
dernier une formule toute faite.

Bernard Friot :

Une donnée de base selon lui qui constitue également une grande nouveauté
est la conscience de plus en plus développée et partagée que le travail
subordonné ne mérite pas d’être vécu. Plusieurs raisons conduisent à ce
constat :

- l’expérience de la retraite qui équivaut au bonheur d’être payé à ne
rien faire ou d’être payé pour travailler librement et donc produire de la
richesse
- ces dernières décennies, l’étau de la durée du temps de travail s’étant
desserré, la baisse du temps de travail a une incidence sur le désir d’un
travail libre payé.

Le régime de l’intermittence est significatif : à la fois il s’inscrit dans
l’assistance chômage laquelle est considérée comme une paye du temps libre
et du travail libre.

Les intermittents ont d’énormes atouts pour mener une bataille contre le
travail subordonné.

Bernard Friot rappelle que toutes les grandes luttes du siècle dernier et
les grandes avancées sociales qui en ont découlées sont liées à des
avancées concernant le salaire, plus précisément le salaire indirect (
Sécu, retraite, etc. ...).

Ainsi, le droit à un salaire à vie est une revendication fondamentale. Ce
salaire étant également perçu entre deux emplois, pendant
les études, pendant les congés, la formation, la retraite, après un
licenciement ou une démission.

Depuis quinze ans, l’insistance sur l’emploi, dans le vocabulaire de la
classe politique comme dans celui des syndicats, montre la volonté d’en
finir avec le salaire et de revenir à une certaine subordination. Cette
insistance sur l’emploi est dramatique concernant les syndicats.

Pierre Conccaldi : " Nous ne sommes pas dans une situation de précarité de
l’emploi, deux tiers des emplois salariés sont « stable » c’est à dire en
contrat à durée indéterminée. "

D’après cet intervenant le mouvement des intermittents posent trois
questions. La question du travail, de la sécurité et de la protection
sociale, de l’autonomie et de la liberté.

Les intervenants ont été interpellés par les personnes présentes, le
compte rendu s’arrête là.

Adresse originale de l'article : http://www.cip-idf.org/spip.php?article679